émoluments aigris
monuments hauts et gris
sous le béton l’épave
égérie amère de la mer agitée l’hémicyclade a geint
et le fier hippocampe orphelin de Camargue se cabre inutilement
les cavernes se souviennent : elles ont la nostalgie bravache des veillées d’ourses bleues et de leurs cris déments
tout le long du rivage des poings en suspension érigent des falaises que le vent — radieux et pointilleux — consume à petit feu
flottilles insubmersibles car déjà naufragées
oiseaux évaporés
voguent encore quelques plumes à l’encre des navires
l’impulsion nous attend depuis la nuit des temps
la mer est l’infini
sous le béton l’étrave
la mer — élan fini — se retrousse et découvre ses fosses endolories
long tapis d’étoiles sèches
escouades de squales au squelette exténué
corail résolument maigri
dessous le sable gris
le vent ne souffle plus
la terre ne s’ouvre plus
la mer ne souffre plus