émoluments aigris
monuments hauts et gris
sous le béton l’épave

égérie amère de la mer agitée l’hémicyclade a geint
et le fier hippocampe orphelin de Camargue se cabre inutilement

les cavernes se souviennent : elles ont la nostalgie bravache des veillées d’ourses bleues et de leurs cris déments

tout le long du rivage des poings en suspension érigent des falaises que le vent — radieux et pointilleux — consume à petit feu

flottilles insubmersibles car déjà naufragées
oiseaux évaporés
voguent encore quelques plumes à l’encre des navires

l’impulsion nous attend depuis la nuit des temps
la mer est l’infini
sous le béton l’étrave

la mer — élan fini — se retrousse et découvre ses fosses endolories

long tapis d’étoiles sèches
escouades de squales au squelette exténué
corail résolument maigri
dessous le sable gris

le vent ne souffle plus
la terre ne s’ouvre plus
la mer ne souffre plus

Ce long chemin vers le vide
  1. Un long chemin vers le vide
  2. Murmures
  3. La mer est l’infini
  4. Une question
  5. Quand le vent souffle fort
  6. Tous lisses, tous blancs, tous pareils
  7. D’acanthes ensoleillées
  8. Des bouts de ciel
  9. Danse le feu du matin
  10. Un battement de paupière
  11. À nuage blanc
  12. abecederci !
  13. Dans le port de l’Arsenal
  14. Les cinq sens
  15. Qu’elle est belle la Seine
  16. Bientôt
  17. Danser aux quatre vents
  18. Ta main sur ma joue
  19. Près des abords des marges
  20. Des mots
  21. Ce n’est pas tout à fait un paradis