Il y a des bateaux comme des fantômes flottants qui transpirent la marée qui les hante, cette marée qu’ils ne prendront jamais, amarrés à vie qu’ils sont dans leur prison d’eau douce.

Il n’y a pas de marins qui boivent parce qu’il n’y a pas de marin.

Il n’y a pas de putain sur laquelle uriner en vomissant ses frites.

Il n’y a pas de rêve de départ vers les longs horizons que la brume dissimule : les grilles ferment à 19h30.

Il y a un photographe qui capture les flaques d’hydrocarbures qui dansent entre les coques et se rêvent marées noires le long des golfes clairs.

Il y a des pigeons qui regardent les mouettes observer les pigeons qui regardent les mouettes.

Il y a des trucs et des machins qui stagnent entre deux eaux et qui ressemblent à la conscience du monde.

Il y a de l’eau qui ne s’est pas lavée depuis l’invention du lavoir et qui croit que sa couleur de lave nous empêche de la voir.

Il y a les gaspards des rues saoûles de Paname qui sourient aux souris soul du macadam quand le port de l’Arsenal se prend pour celui d’Amsterdam.

Ce long chemin vers le vide
  1. Un long chemin vers le vide
  2. Murmures
  3. La mer est l’infini
  4. Une question
  5. Quand le vent souffle fort
  6. Tous lisses, tous blancs, tous pareils
  7. D’acanthes ensoleillées
  8. Des bouts de ciel
  9. Danse le feu du matin
  10. Un battement de paupière
  11. À nuage blanc
  12. abecederci !
  13. Dans le port de l’Arsenal
  14. Les cinq sens
  15. Qu’elle est belle la Seine
  16. Bientôt
  17. Danser aux quatre vents
  18. Ta main sur ma joue
  19. Près des abords des marges
  20. Des mots
  21. Ce n’est pas tout à fait un paradis