Il y a des bateaux comme des fantômes flottants qui transpirent la marée qui les hante, cette marée qu’ils ne prendront jamais, amarrés à vie qu’ils sont dans leur prison d’eau douce.
Il n’y a pas de marins qui boivent parce qu’il n’y a pas de marin.
Il n’y a pas de putain sur laquelle uriner en vomissant ses frites.
Il n’y a pas de rêve de départ vers les longs horizons que la brume dissimule : les grilles ferment à 19h30.
Il y a un photographe qui capture les flaques d’hydrocarbures qui dansent entre les coques et se rêvent marées noires le long des golfes clairs.
Il y a des pigeons qui regardent les mouettes observer les pigeons qui regardent les mouettes.
Il y a des trucs et des machins qui stagnent entre deux eaux et qui ressemblent à la conscience du monde.
Il y a de l’eau qui ne s’est pas lavée depuis l’invention du lavoir et qui croit que sa couleur de lave nous empêche de la voir.
Il y a les gaspards des rues saoûles de Paname qui sourient aux souris soul du macadam quand le port de l’Arsenal se prend pour celui d’Amsterdam.