un lambeau de vie sur un lent paquebot
une jolie joie fugace
un chagrin quatre fois éternel
un récit connu de tous les loups blancs
un besoin qui altère l’envie qui désaltère
un désir toujours étincelant de la même naïveté
un ouragan de fer dans une main de velours
un oiseau mort de froid en juillet
un long moment de silence au cœur de la tempête
une rare douceur inopinée qui resplendit encore
une brise sous le vent
une moiteur exténuante
une marée bien trop basse
une estime bien trop haute
un gain trop éphémère
une perte irrémédiable
un faux-pas de travers
une heure creuse sans minute ni seconde
une évasion future mais à l’impératif
un cabot chafouin et des chats cabotins
un entrechat feint sur des escabeaux teints
une écriture légère néanmoins bienfaisante
un accroche-cœur dehors
un arracheur dedans
un éléphant multicolore sur un marbre perché
une source infinie de confusion mentale
un refrain entonné sous la pluie
un triangle rondement quadrillé
un alcool beaucoup moins frelaté que l’ivresse qu’il procure
un voyage inutile avec juste un billet de retour
une cucurbitacée dont les annales convergent
un sourire mijoté à feu doux et pétri à la main
une tendresse accueillie puis souillée
une attitude hautaine de seigneurie déchue
un vide assourdissant au moment des remords
un bleu à l’âme dans le chant du rouge-gorge
un bleuet qui rougit quand la bise fut venue
une onomatopée de soixante-quatre syllabes
une âme sœur pour embellir la ville
une extase disparue en un souffle
un arbre centenaire qui s’épuise et s’endort
un mensonge d’où naissent toutes les vérités
une épine sur l’épine dorsale d’un rose invertébré
un feu d’artifice sur un tapis volant
une dodécaphonie sur un sol triste et glabre
un bref aéropage de librairies portuaires
un apprenti psychiatre surpris à freudonner
un salto arrière plutôt avant-gardiste
un sang d’encre sympathique
un as du volant resté sur le carreau
une dame de pique traduite à contre-cœur
une encyclopédie qui ne dort que d’un œil
une frondaison d’étoiles pour accueillir l’hiver
un chien perdu sans écolier à mordre
une œuvre gigantesque cachée derrière la haie
un buisson indécent à gravir pas à pas
une démesure lisse à la mesure du vide
un soupçon d’allégresse dans les calendriers
une plage désertée par le sable
un tremplin d’infortune pour décrocher la lune
un discours d’adieu dans un cimetière marin
une beauté intérieure sous des dehors convenables
une confection louable de pilou-garou
un courant alternatif qui va et qui ne revient pas
un houblon vénitien trié sur le volet
un albatros au pied-bot de géant
un dictionnaire plutôt qu’une saga
des mots

Ce long chemin vers le vide
  1. Un long chemin vers le vide
  2. Murmures
  3. La mer est l’infini
  4. Une question
  5. Quand le vent souffle fort
  6. Tous lisses, tous blancs, tous pareils
  7. D’acanthes ensoleillées
  8. Des bouts de ciel
  9. Danse le feu du matin
  10. Un battement de paupière
  11. À nuage blanc
  12. abecederci !
  13. Dans le port de l’Arsenal
  14. Les cinq sens
  15. Qu’elle est belle la Seine
  16. Bientôt
  17. Danser aux quatre vents
  18. Ta main sur ma joue
  19. Près des abords des marges
  20. Des mots
  21. Ce n’est pas tout à fait un paradis