j’ai dans mon corps des bouts de ciel
desséchés par un vent triste et frappadingue
des bouts de ciel d’un bleu toujours étincelant
impossible évidemment d’y voir la moindre étoile
à peine y a-t-il parfois de petits nuages blancs qui s’évaporent bien vite
c’est un peu ma boussole sans aiguille
ce ciel si bleu que rien d’autre n’est bleu
pas plus les bleus d’Auvergne que ceux de méthylène
pas plus les bleus à l’âme que les bleuets qui sont fanés et qui gisent décomposés dans les vapeurs d’hydrocarbure dont la pluie s’empoisonne
j’ai étanchéifié des colonnes grimaçantes d’acajou craquelé
qui menaçaient de me nasser de leur treille infantile
j’ai rappelé au vent qu’il a droit au silence et aux congés payés
j’ai hésité à rendre la bastille
à l’emmener loin de ses contemplateurs
et puis la ville a explosé
j’ai dans mon corps des boues de ciel
Des bouts de ciel
- Un long chemin vers le vide
- Murmures
- La mer est l’infini
- Une question
- Quand le vent souffle fort
- Tous lisses, tous blancs, tous pareils
- D’acanthes ensoleillées
- Des bouts de ciel
- Danse le feu du matin
- Un battement de paupière
- À nuage blanc
- abecederci !
- Dans le port de l’Arsenal
- Les cinq sens
- Qu’elle est belle la Seine
- Bientôt
- Danser aux quatre vents
- Ta main sur ma joue
- Près des abords des marges
- Des mots
- Ce n’est pas tout à fait un paradis
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