Auteur depuis toujours, je ne publie que depuis ma découverte hasardeuse des joies de l’informatique et d’Internet : ce siècle n’avait pas deux ans. Car loin des contraintes de l’édition industrielle ou artisanale, le web permet une expression véritablement libre et convient parfaitement aux indépendants solitaires de mon espèce.
Mais après toutes ces années de publication en ligne, il est temps de tenter l’aventure du « papier ». Aussi beaucoup de vieux textes numériques serviront de base à des projets plus aboutis, plus affinés, plus aptes à justifier cette matérialisation définitive, à l’opposé, finalement de l’évanescence éternellement modifiable des publications en ligne.
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« Faut-il qu’il m’en souvienne ?
« La poix venait toujours après la gêne…[Apollinaire, revu et corrigé ]
Lorsque je me définis comme écrivain auprès d’un quidam excessivement curieux, la première question qui lui vient est toujours : Et tu écris quoi ?
. Je suis bien obligé d’avouer mon incapacité à répondre très précisément à cette question. Je me contente alors d’un J’écris des textes
, à la fois élusif et trop imprécis. De fait, mes textes sont de toute nature et n’ont d’autre intérêt que celui que tu leur accorderas. Sans être tout à fait neutre, ce que j’écris n’a pas de genre. Ce n’est, après tout, que de la littérature. Si tu aimes les classements et les petites boîtes bien étiquetées, tu pourras — après les avoir lus — enfermer ces textes dans une quelconque typologie restrictive — forcément restrictive. J’écris d’une seule et même encre. Libre à toi d’y voir des nuances et des ombres.
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Quant à moi, vieux singe fatigué des grimaces, j’aurais aimé que le Back to the trees!
de l’Oncle Vania (pas celui-là, l’autre !) ne soit qu’un trait d’humour. Malheureusement, il est à craindre que nos débordements d’apprentis chimistes auront tôt fait de ré-arboricoliser les plus survivants d’entre nous !
Si toutefois un arbre a su rester debout…
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