Il était une fois deux blogs jumeaux bien que successifs.

Le premier se nommait « Le Loup & Le Chien » en hommage à cette fable dans laquelle l’idée de liberté et son corollaire, l’ascétisme, est opposée à l’état de confort et son lourd tribut, la prison. La réalité est bien évidemment moins binaire, puisqu’en chacun de nous, à chaque instant, le loup et le chien se mêlent, s’appellent, se querellent et tirent les ficelles de nos pantomimes frêles.

Du miel, du fiel, du rimmel puis quelques décibels… mélangez, servez !

Ce premier blog vécut joyeux et insouciant, entre 2008 et 2012. Il était un espace de libre expression — pour son rédacteur comme pour ses intervenant · e · s — et reprenait à son compte la fameuse phrase (faussement) attribuée à Voltaire : Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrais pour que vous puissiez le dire.

Note : la liberté d’expression ne se confond pas avec l’absence de tolérance et de respect que requièrent la parole et les idées d’autrui, bien au contraire. Cette liberté, tout comme celle de notre devise Liberté, Égalité, Fraternité est la liberté telle que décrite par Jean-Jacques Rousseau. En gros, la liberté individuelle est seulement limitée par les contraintes imposées par la collectivité. À charge pour les individus de concevoir une société peu coercitive. Mais, en aucun cas, cette liberté ne signifie Je fais ce que je veux, je dis ce que je veux. Il est toujours possible de dire et faire ce que bon nous semble mais il faut alors en accepter et en assumer toutes les conséquences, notamment juridiques, car cette liberté bien comprise est le fondement d’une société du vivre ensemble. Bref…

Le deuxième eut une vie à peine plus longue, entre 2012 et 2017. Il se nommait « Le Cynozophrène Mural » en hommage à une étonnante peinture murale, toujours visible, bien que fortement dégradée, rue des Frigos dans le 13e arrondissement de Paris.

peinture muale de Dominique Larrivaz représentant un chien allongé au sourire sarcastique
Peinture murale de Dominique Larrivaz, rue des Frigos, Paris 13e. Photo de l’auteur.

Ces deux blogs avaient en commun de servir de paillasse de laboratoire — de simple paillasson ! prétendront certains — à tous les naufrages informatiques qu’il est possible d’engendrer quand on ne possède qu’une éponge à peine moite en guise de cervelet.

Entre vols d’ordinateurs, défaillances matériel et sauvegardes foireuses, j’ai perdu énormément de travail tant textuel que photographique.

Les textes survivants (ou ce qu’il en reste) ont été reconstitués à partir de brouillons conservés ça et là puis délicatement remis en ligne. Par rapport aux textes originaux, il pourra manquer un paragraphe ou deux. Dont certains ont pu être remplacés avec profit. Il manquera également les nombreuses photos qui les illustraient. Il manquera surtout l’ensemble des commentaires et cette perte là est bien la plus dolente. Ma reconnaissance éternelle aux personnes qui ont su perdre un peu de leur temps pour agrémenter le mien.

De nouveaux textes se rajouteront naturellement à cet ensemble pour former un amoncellement à la gloire du désordre invincible et de la temporalité excessive de nos vies.