ériic jii

Journal

2019



  • Puisqu'il faut bien penser à l'« après-confinement », et y penser en termes positifs, pourquoi ne pas envisager de futurs confinements partiels, volontaires et tournants histoire de soulager notre environnement qui a l'air de reprendre du poil de la bête un peu partout en France (et, je le suppose, ailleurs aussi) ? À voir comme une sorte de « jeûne économique » qui viendrait compenser nos décennies d'abus…


  • Depuis le début du confinement, le ciel de Paris est d'un bleu fantastique. Si j'étais mystique — tendance bobo-écolo-collapso-pro-préhisto — je serais tenté de penser que ce virus est un message d'avertissement envoyé par la planète à qui veut bien l'entendre. Genre : Make me Greta again ou sinon j'fais tout péter !


  • La pandémie nous montre une chose essentielle : en tant qu'espèce, quelle que soit notre religion ou notre absence de, quelle que soit notre condition sociale, notre position géographique, notre culture alimentaire, notre conception de la vie de l'amour et du reste, nous sommes toutes et tous unies par le même risque sanitaire. Si sortie de crise il y a, c'est vers ce but qu'il nous faudra tendre : décréter et activer une « sécurité sanitaire » mondiale. Et le premier pas de ce long chemin sera de repenser les accès à l'eau potable. Puis de protéger cette eau.


  • S'il devait y avoir un confinement total — sans transport en commun et avec couvre-feu — cela n'engendrerait-il pas plus de morts par suicide que de décès par infection ? Il y a tellement de misère, tellement de gens seuls… Et je ne ferai pas d'ironie sur le concept novateur de confinement appliqué à la population sans abri des grandes villes.


  • « Dans son sens général, une pandémie désigne une épidémie qui se développe à l'échelle mondiale, ou sur de vastes zones internationales traversant des frontières, et touchant le plus souvent un grand nombre de personnes. » [source]

    Ne serait-ce point là, la plus stricte — et la plus exacte —définition du capitalisme ?


  • L'adoration et la détestation sont deux attitudes parasitaires qu'il est très facile d'engendrer. Ce qui en fait des armes de choix pour qui veut contrôler aisément une personne ou une population. Adorer ou détester, c'est arrêter de réfléchir et accepter de se laisser transporter — pieds et poings liés — par le premier véhicule qui passe — moteur au taquet et vitres teintées — pour descendre le plus rapidement possible un boulevard plus pentu que le gosier d'un supporter anglais.


  • Le grand banditisme a enfin ses héros médiatiques comme n'importe quel show business. Les politiciens de tous bords et les autoproclamés « grands capitaines d'industrie » ont désormais le droit de venir s'expliquer à la télévision juste avant leur procès. Droit qu'ils ont acquis auprès de journalistes aussi véreux qu'eux-mêmes.


  • Quel est le rôle d'une police dans un état moderne ? Doit-elle n'être que la continuité du service d'ordre particulier des anciens souverains, une sorte de monstre rapidement bricolé avec les restes de l'esprit particulièrement tordu des sombres inquisiteurs et la dévotion sonnante et trébuchante des féroces mousquetaires ? Est-elle vouée à n'être qu'une milice sans foi ni loi, sans patois ni émoi ? Et moi, et moi, et moi ?


  • La ville est-elle un échec ? À l'origine, elle était conçue pour sécuriser les populations en les regroupant. La ville (la « polis ») était protectrice. L'expression « violence policière » devait y être un oxymore. Aujourd'hui, partout dans le monde, c'est en train de devenir un pléonasme.


  • L'année commence bien : l'intelligentsia Parisienne fait semblant d'être horrifiée par la pédophilie classieuse de ses vieux écrivains, Trump se prend pour Poutine et assassine froidement un diplomate iranien anti-américain, Carlos Ghosn s'enfuit du Japon et se réfugie au Liban sous l'œil satisfait (et complice ?) du gouvernement français et l'Australie continue de brûler. Mais qu'importe ? Le gouvernement tient bon sur ses réformes au profit des grandes compagnies d'assurances privées dont l'un des principaux investisseurs vient d'ailleurs d'être décoré de la Légion d'Honneur.


  • Comme le veut cette coutume imbécile, cherchons les rimes les plus invraisemblables pour tenter de deviner ce que sera l'année qui vient. Attention, un seul choix possible. Alors… 2020, année du coq au vin, de la foire aux ovins, du retour des années quatre-vingt, du théâtre du marais poitevin, du supporter français non chauvin, du méchant divin, du marchand devin, du gentil bovin, de l'ange angevin, de l'odieux écrivain ?


  • Bientôt la fin de l'année civile et je n'ai pas terminé ce que je devais faire. L'année 2019 aura été en grande partie celle de la démotivation et d'un à quoi bon ? récurrent, à la fois blasé et fatigué. Et puis. Tu regardes au loin et tu discernes cette ombre qui te dit Viens, c'est par là que ça se passe !. Alors tu souffles, tu te lèves et tu te dis : pourquoi pas ?.

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